J’ai participé à ma première École d’automne en management de la créativité !

Lundi 6 novembre, 7 heures 45, je pédale dans le froid strasbourgeois en direction du Collège Doctoral Européen prête à vivre une semaine riche et intense. Les débuts de semaine sont rarement faciles pour moi et d’habitude mes lundis matins ressemblent plutôt à ça :

Chat au reveil difficile giphy.com

Mais ce jour-là, pas de souci de réveil car ça y est, après des mois d’organisation, c’est le début de la 8ème édition de l’école d’automne en management de la créativité aussi communément appelée CREASXB ! Cette semaine de formation qui s’intègre dans le réseau international des écoles de la créativité est organisée chaque année par le BETA & opérée par ACCRO, tout ceci en partenariat avec Mosaic HEC.

Vous devez sûrement vous demander : mais qu’apprend-t-on lors d’une semaine en management de la créativité ?

Je ne vais pas beaucoup vous aider si je vous réponds que cette expérience a surtout généré beaucoup de questions sans que j’obtienne en retour des réponses bien précises. En effet, ces 5 jours, mêlant théories et pratiques à travers des échanges, présentations, ateliers collaboratifs, visites découvertes, sont une fabuleuse opportunité pour bousculer nos habitudes de travail, nos prérequis, nos schémas mentaux, nos modèles et se réinventer !

Car comme l’a dit Pierre Balloffet, lors de son intervention à Alcatel,

« la créativité c’est une aspiration à faire mieux ».

Alors, oui bien sûr, cela signifie faire mieux au niveau individuel et organisationnel. Mais, je l’interprète aussi comme un outil essentiel à mobiliser afin de proposer des solutions durables (et éthiques) aux problématiques sociales et environnementales urgentes auxquelles nous devons faire face aujourd’hui.

Quelles sont tout de même les principaux apprentissages que j’en ai personnellement retirés ?

Tout d’abord, que la créativité ou le simple fait d’avoir une « idée » est loin d’être un phénomène d’instantanéité. « Le génie solitaire » mentionné par Laurent Simon n’existe donc pas et la créativité se fait et se stimule avant tout en collectif.

Aladin a une idée giphy.com

Je me suis rendue compte que la créativité n’est pas non plus qu’une affaire de post-its en cascade et de brainstorming.

Au contraire, il existe une multiplicité de techniques et de manières afin de la stimuler. Cette semaine à l’école d’automne en a été une belle démonstration puisque les ateliers ont été animés par une belle diversité d’intervenants (architectes, musiciens, artistes, chercheurs, etc).

Deux moments et rencontres m’ont particulièrement marqué :

Le mardi après-midi, Veronika Antoniou et Marco Canevacci, architectes, nous ont proposé un workshop créatif durant lequel nous devions repenser l’utilisation d’un lieu à l’intérieur d’une bulle en plastique (illustration en image ci-dessous). Tout ceci en utilisant uniquement un rouleau de scotch et des feutres.

Photographie prise à l'occasion de l'Ecole d'automne en management de la créativité de l'atelier anumé par Veronica Antoniou et Marco Canevacci Photographie prise à l'occasion de l'Ecole d'automne en management de la créativité de l'atelier anumé par Veronica Antoniou et Marco Canevacci

Il y a eu également la rencontre avec Benjamin Nid, soundpainter du collectif « Le Spang ! ». Le soundpainting est un code gestuel précis élaboré dans les années 80 et composé de 1200 signes destinés à la création artistique en temps réel. Le soundpainter, à travers ce langage, a pour rôle de définir un cadre dans lequel les artistes sont libres d’improviser. Ce processus créatif m’a impressionné car l’artiste a malgré tout une véritable place pour laisser libre cours à sa créativité et l’erreur n’est pas réprimandée. Au contraire, l’erreur nourrit le processus créatif. C’est, pour moi, une très belle source d’inspiration pour le domaine du management et de l’entreprise.

Ces expériences inédites m’ont amené à me questionner sur l’origine même de la créativité. Et si le moteur de la créativité était justement la contrainte? Cette réflexion permet d’enrichir et d’élargir le champ des processus créatifs généralement mobilisés et utilisés dans le monde de l’entreprise et du management. Je me rends finalement compte que les rencontres entre l’économie, l’art et la science font sens car chacun est complémentaire et a son rôle à jouer dans la réinvention des modèles actuels de processus d’innovation. Et ce sont des événements comme l’école d’automne qui permettent ces croisements et rencontres inspirantes.

Deux semaines plus tard alors que j’écris cet article, ces apprentissages résonnent encore dans un coin de ma tête ne demandant qu’à être appliquées dans mes missions quotidiennes au sein d’ACCRO.

Rendez-vous l’année prochaine pour la 9ème édition afin de vivre cette expérience unique par vous-même !

Florie LALLEMANT

Chargée de projets – ACCRO